Les volcans d’Auvergne peuvent-ils se réveiller ?

L’Auvergne fait partie des destinations touristiques les plus prisées en France. Une visite dans ce magnifique territoire permet de voir les nombreux sommets arrondis à l’aspect atypique. Au niveau du Massif central se situent les volcans d’Auvergne particulièrement impressionnants.

Ceux-ci sont considérés comme étant éteints, car la dernière éruption date d’il y a 6 000 ans. Toutefois, une question interpelle souvent les visiteurs curieux : les volcans d’Auvergne peuvent-ils se réveiller ? Voici ce qu’il faut savoir.

Un réveil possible, mais difficile à prévoir

La question d’un possible réveil des volcans d’Auvergne interpelle aussi bien les visiteurs que certains scientifiques. Selon Cyril Aumar, un scientifique de Clermont-Ferrand, il n’est pas impossible de voir un jour le réveil des volcans d’Auvergne. Ces derniers seraient seulement endormis.

En effet, selon le scientifique, un volcan est considéré comme « éteint » à partir de 10 000 ans d’inactivité. Or les volcans d’Auvergne ont connu leur dernière activité d’éruption il y a 6 700 ans seulement, ils ne rentrent pas alors dans la catégorie des volcans éteints. Selon des études récentes, la Chaîne des Puys en Auvergne renfermerait encore du magma sous ses entrailles.

Cela signifie que de la lave liquide circule toujours dans le lointain sous-sol et menace de jaillir un jour. Toutefois, du fait de son niveau de viscosité importante, ce magma ne peut remonter à la surface. Ce phénomène s’est vu dans d’autres provinces volcaniques qui ont été considérées comme éteintes.

C’est le cas notamment de Yellowstone aux USA ou de Ciomadul en Roumanie qui ont, à nouveau, montré des signes d’activité. Pour le scientifique Cyril Aumar, la Chaîne des Puys pourrait connaître ce phénomène, mais actuellement, il n’existe aucun signe probant pour avancer sur une date ou une période précise. Peut-être dans 100, 1000, 10 000 ans ou encore plus.

Quelques signes de reprise probable d’activités volcaniques

Pour que les activités de reprises des volcans d’Auvergne puissent être confirmées, il faut que les éruptions soient précédées de quelques signes avant-coureurs. Ce qui arrive souvent au niveau de nombreuses zones volcaniques. Parmi ces indices probants, il y a notamment :

  • l’accroissement de la périodicité des tremblements de terre,
  • la hausse de la température du sol,
  • la hausse de la quantité de gaz provenant du sol, etc.

Tout récemment, une province volcanique allemande de l’Eifel assez similaire avec la Chaîne des Puys, a fait l’objet d’un article. Des chercheurs américains se sont basés sur les mouvements anormaux du sol dans cette région pour justifier une possible reprise de l’activité du volcanisme. Même si cette information est cruciale, il ne prouve pas avec certitude un éventuel réveil dans les années à venir.

L’Observatoire de Clermont-Ferrand a mesuré quelques tremblements de terre non décelables par la grande majorité de la population. Si cette activité sismique s’accroît à l’avenir, une éventuelle reprise de l’activité volcanique pourrait être considérée d’après les chercheurs de Clermont-Ferrand. Ces derniers ont d’ailleurs mis sous surveillance la zone de la chaîne des Puys.

Le Laboratoire Magmas et Volcans (LMV) collabore en ce sens avec l’Observatoire de Clermont-Ferrand (OPGC). Actuellement, la Chaîne des Puys fait l’objet de plusieurs études en cours au LMV. Parmi ces études, il y a notamment une qui cherche à confirmer la présence ou non d’une réserve de magma dans les profondeurs de la Chaîne des Puys.

Comparée aux volcans actifs, la Chaîne des Puys possède des caractéristiques distinctes. Alors, le risque étant sensiblement nul, elle ne fait pas l’objet d’une surveillance aussi soutenue comme celle par exemple du volcan le Piton de la Fournaise dans l’île de La Réunion.

Une hypothèse à prendre en compte à l’échelle humaine

Pour Cyril Aumar, les hypothèses de réveil des volcans d’Auvergne doivent être relativisées et ramenées à l’échelle humaine. Le scientifique de l’Auvergne de conclure que la probabilité que les volcans restent calmes à l’échelle humaine est beaucoup plus forte qu’une éruption volcanique dans la région du puy de Dôme.

L’échelle de temps géologique s’avère beaucoup plus importante à l’échelle de la vie humaine. Comparés à celle-ci, les phénomènes volcaniques sont courts, mais restent très longs vis-à-vis des hommes.

Dans quelques années, voire des milliers d’années, une éruption pourrait alors se produire. Les chances de passer à côté d’un réveil des volcans de l’Auvergne sont plus grandes que de pouvoir y assister. C’est particulièrement aléatoire en réalité.

Au niveau de la Chaîne des Puys, par exemple, les périodes d’inactivité ont duré près de 10 000 ans. Si cette reprise de l’activité volcanique se fait attendre, le scientifique Cyril Aumar déclare qu’on ne sera peut-être pas là pour le voir de visu.