Abbaye de Volvic, Site Clunisien                                                     
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L’abbaye de Volvic devient prieuré de l’abbaye de Mozac, elle-même placée sous la mouvance de Cluny en 1095.

C’est à ce titre que Volvic, dépendant de Mozac, donc de Cluny, est clunisien. On peut donc affirmer que Volvic est devenu clunisien en même temps que Mozac en 1095. Il en va de même pour toutes les dépendances de Mozac avant 1095. Un parfait exemple nous est donné avec Saint Germain des Fossés, prieuré de Mozac, qui peut intégrer la fédération des sites clunisiens, dès sa fondation, en 1994. Marsat, également possession de l’abbaye de Mozac, se trouve naturellement clunisien et peut adhérer à la fédération en 2001.


VOLVIC, UNE ABBAYE DEVENUE PRIEURE

On ne connaît pas la raison qui a éteint l’administration abbatiale de Volvic ni pourquoi ni comment s’est opérée cette réduction de la maison volvicoise la plaçant au rang de prieuré.

Tout au long de l’histoire, Volvic(1) entretient des relations « habituelles » avec Mozac, celles d’un prieuré avec sa maison-mère. Les archives révèlent bien quelques évènements conflictuels entre les deux sites tels des problèmes de droit de dîmes mais le fait majeur qui créait un point fort c’est la translation en 764 ou en 848, de Volvic à Mozac, des reliques de Saint Austremoine. Le corps du Saint, martyrisé près d’Issoire, est transféré à Volvic par St Avit II.
La vénération pour les précieuses reliques attirent des foules de pélerins et contribue à la notoriété et au développement de Volvic.

Probablement jalousée par Issoire et Clermont (l’évêché), Volvic se voit dépossédée du corps d’Austremoine par Pépin le Bref. Le roi, pour apaiser le conflit entre les trois sites, décide d’attribuer les reliques à l’abbaye de Mozac. Le récit de la translation avec un cortège immense entre Volvic et Mozac est certainement très romancé mais cet évenement a un retentissement considérable dans la mentalité du temps. Les pélerinages sont un facteur économique non négligeable et, Mozac, sous protection royale depuis les privilèges que lui accorda le roi Thierry III se développa considérablement autour du culte au Saint Evêque.
Plusieurs auteurs avancent que Pépin le Bref aurait attribué les reliques d’Austremoine à Mozac pour exaucer le vœu de Lanfrede, abbé de ce monastère. Si tel était le cas, on mesure l’importance de l’abbaye et de son abbé.

Le comte de la Résie (histoire de l’église d’Auvergne, 1858, Thiebaud, Clermont Ferrand), à la page 48 de son ouvrage indique que Saint Avit II « fit construire l’église et le monastère de Volvic » et qu’ « il y plaça 20 moines.» On est donc en présence d’une abbaye relativement importante dès le 7e siècle.

Saint Avit et Saint Calmin, le fondateur de l’abbaye de Mozac sont contemporains.

Fondées à la même époque, les abbayes de Volvic et de Mozac devaient être sensiblement de même puissance.

Mais, la protection royale, puis papale, pour Mozac hissa rapidement cette dernière au rang de « chef spirituel »

Décidée par le roi, la translation des reliques du « 1er apôtre de l’Auvergne » appuiera encore la suprématie de Mozac.

Le placement de Volvic sous l’obédience de Mozac ne s’est surement pas fait sans difficulté. Chaque établissement monastique est jaloux de ses prérogatives. On se souvient de la révolte de l’abbé de Mozac, Pierre d’Ysserpans, contre Cluny. Se rapprocher d’une maison « royale » était pour Volvic une protection assurée. Au début du XIIIème siècle, on voit le roi Philippe Auguste venir au secours de l’abbaye de Mozac, contre Guy II seigneur de Tournoël. La proximité des 2 monastères (5 kilomètres) facilitent les relations et Volvic demeurera longtemps, avec Royat et St Germain des Fossés, l’un des plus importants prieuré de Mozac. Plusieurs abbés et prieurs de Mozac furent d’abord moines ou prieurs à Volvic...une sorte de période probatoire.


2: LA DÎME DE VOLVIC

Au début du XVIème siècle, les consuls de Volvic osèrent contester à l’abbé de Mozac le droit de percevoir la dime sur une partie du territoire de la cité de la pierre. C’est Claude Duprat (2) qui occupe alors le trône abbatial de Mozac. Il a qualité de prieur et seigneur du monastère Saint Priest de Volvic. C’est le bailli de Montferrand qui tranche en prenant une décision défavorable aux consuls de Volvic. Ces derniers avaient pourtant pris pour garants : Jehan d’Albon, chevalier, seigneur de Saint André ; Gaspard Bouher, chevalier, seigneur de Rochefort ; Jehan de Pierrefitte, seigneur de Bosredon ;

Monseigneur le Grand Prieur d’Auvergne et d’autres seigneurs encore.

Les consuls déboutés font appel au parlement. La procédure durera plusieurs années et, par arrêt du 14 mars 1543 les appellations furent mises à néant. Guillaume Duprat, neveu du précédent, est alors abbé de Mozac.

Dans le souci d’apaiser les esprits, il va consentir à un arrangement à l’amiable. L’acte de la transaction avec les consuls de Volvic est daté du 17 juillet 1544.

Le document porte les noms d’Anne Régin, docteur en droit, chantre et chanoine de Clermont et Pierre Cistel, avocat, au nom de l’évêque Guillaume Duprat, abbé de Mozac et prieur de la paroisse de saint Priest de Volvic ; Dom Georges Moisson, prieur claustral de Mozac, Innocent de Prompsat, chambrier, Antoine Pélissier, aumônier ; Etienne de Beauvault, chantre, Antoine Chauget, réfecturier et toute la communauté.« D’autre part, tous les consuls, habitants et manants de la paroisse de Volvic, réunis à l’issue de la messe au devant de l’église de Saint Priest ». L’acte précise exactement où sera perçue la dîme. Guillaume Duprat tient compte de la situation du pays que le document qualifie de « pays maigre, infertile et qui ne porte fruits que de deux en deux ou de trois en trois ans ». L’évêque abbé consent à réduire la dîme au seizième des fruits « naissants et croissants ».

 

 

 

 

(1) Par Volvic, ici, on entend que l’abbaye
(2) Clauce Duprat, abbé de Mozac de 1516 à 1524 est le frère du chancelier Antoine Duprat, proche du roi François 1er et initiateur de la réforme dite de la commende.

Textes de Jean Marie Perona